Tu demandes à Claude Code de corriger un bug. Pour le trouver, il ouvre quinze fichiers, lit les logs, lance les tests deux fois. Le bug est réglé, mais ta conversation contient maintenant des milliers de lignes que tu ne reliras jamais. Claude devient plus lent, il oublie les consignes que tu lui avais données au début, et tu finis par tout relancer depuis zéro.

Les sous-agents existent exactement pour ça. Un sous-agent, c'est un assistant secondaire que Claude Code lance dans sa propre mémoire de travail : il fait le travail de fouille, puis te renvoie uniquement le résultat. Ta conversation principale, elle, reste lisible.

Tu vas voir ici ce qu'est un sous-agent, comment en créer un en cinq minutes avec la commande /agents, à quoi servent les quatre réglages du fichier de configuration, et surtout quand déléguer (et quand c'est contre-productif). Pas besoin d'être développeur confirmé : si tu sais ouvrir un terminal et lancer Claude Code, tu as le niveau.

Qu'est-ce qu'un sous-agent Claude Code, concrètement ?

Un sous-agent est un assistant spécialisé, avec ses propres instructions, ses propres outils et sa propre mémoire de travail, que Claude Code appelle à sa place pour exécuter une tâche précise.

Une image simple : ton agent principal est un chef de chantier. Il connaît le projet, il discute avec toi, il garde le fil. Quand il a besoin d'un diagnostic électrique, il ne fait pas les mesures lui-même, il appelle l'électricien, qui revient avec une conclusion en trois lignes. Le chef de chantier n'a jamais vu les 200 relevés intermédiaires, et c'est très bien ainsi.

Techniquement, trois choses distinguent un sous-agent d'une simple consigne envoyée dans la conversation :

  • Une fenêtre de contexte séparée. La fenêtre de contexte, c'est la quantité de texte que le modèle garde sous les yeux pendant un échange, mesurée en tokens (des fragments de mots). Le sous-agent a la sienne, et elle est vidée à la fin de sa mission.
  • Un prompt système dédié. Tu écris toi-même le rôle du sous-agent : ce qu'il doit faire, comment procéder, et sous quelle forme il doit rendre son travail.
  • Un accès aux outils restreint. Tu peux décider qu'un agent de relecture lit les fichiers mais n'a pas le droit de les modifier. C'est une sécurité, pas un détail.

À la fin, le sous-agent renvoie un seul message dans ta conversation : sa synthèse. Tout le reste (les fichiers lus, les commandes lancées, les fausses pistes) disparaît avec lui.

Pourquoi un contexte propre améliore vraiment tes résultats

Parce que la qualité des réponses baisse bien avant que la limite technique du contexte soit atteinte.

Une session Claude Code travaille avec une fenêtre de contexte de l'ordre de 200 000 tokens, soit plusieurs centaines de pages de texte. Ça paraît énorme, jusqu'au moment où tu fais explorer un vrai projet : quelques dizaines de fichiers lus et tu en as déjà consommé la moitié.

Deux effets concrets, que tu as peut-être déjà vécus sans mettre de mot dessus :

  1. La dilution. Plus il y a de texte accumulé, moins tes consignes de départ pèsent lourd face au bruit. Claude se met à ignorer une règle que tu avais pourtant posée clairement au début.
  2. Le compactage. Quand la fenêtre sature, Claude Code résume automatiquement la conversation pour pouvoir continuer. Le résumé garde l'essentiel, mais pas tes détails, et c'est souvent un détail qui comptait.

Tape /context dans Claude Code pour voir en direct ce qui occupe ta fenêtre. Si tu découvres l'outil, les 20 commandes Claude Code à connaître te feront gagner du temps avant d'attaquer la suite.

Déléguer une exploration à un sous-agent, c'est transformer 40 000 tokens de lecture en une conclusion de 400 tokens dans ta conversation. Le calcul se fait tout seul.

Créer ton premier sous-agent en cinq minutes

La commande /agents fait tout le travail : tu la tapes dans Claude Code, tu choisis « Create New Agent », et l'interface génère le fichier de configuration à ta place.

Si Claude Code n'est pas encore installé sur ta machine, commence par le tutoriel Claude Code pour débutants, puis reviens ici.

Le parcours, étape par étape :

  1. Lance Claude Code dans le dossier de ton projet.
  2. Tape /agents puis Entrée.
  3. Choisis Create New Agent.
  4. Choisis la portée : Project (le sous-agent est enregistré dans le dossier .claude/agents/ du projet et suit le projet, y compris pour tes collègues) ou Personal (il est enregistré dans ~/.claude/agents/ et te suit sur tous tes projets).
  5. Décris en une phrase ce que doit faire l'agent. Claude rédige une première version des instructions, que tu relis et corriges.
  6. Coche les outils auxquels il a droit.
  7. Enregistre.

C'est tout. Le fichier créé est un simple fichier Markdown : un en-tête de configuration encadré par deux lignes de trois tirets, puis tes instructions en texte libre en dessous. Tu peux l'ouvrir dans n'importe quel éditeur et le modifier à la main, c'est souvent plus rapide que de repasser par l'interface. En cas de nom identique, la version du projet l'emporte sur la version personnelle.

Les quatre réglages de l'en-tête

Réglage À quoi ça sert Obligatoire
name L'identifiant du sous-agent, en minuscules avec des tirets (par exemple : relecteur-securite) Oui
description Une phrase en langage naturel qui dit ce que fait l'agent et dans quelles situations l'appeler Oui
tools La liste des outils autorisés, séparés par des virgules. Si tu laisses le champ vide, le sous-agent hérite de tous les outils disponibles Non
model Le modèle à utiliser (un modèle rapide comme Haiku pour du tri simple, un modèle plus puissant comme Opus pour du raisonnement difficile) Non

Le champ description mérite toute ton attention : c'est le seul élément que l'agent principal lit pour décider s'il doit déléguer ou non. Une description vague (« aide sur le code ») ne déclenchera jamais rien. Une description précise (« Analyse les échecs de tests et identifie la cause racine. À utiliser dès qu'une commande de test renvoie une erreur. ») déclenche la délégation automatiquement, sans que tu aies à y penser.

C'est le même réflexe que pour le fichier d'instructions global : bien écrire ton CLAUDE.md et bien écrire tes descriptions de sous-agents reposent sur le même principe, être explicite plutôt que poli. Pour la syntaxe complète et la liste des outils, la documentation officielle des sous-agents Claude Code fait référence.

Tu peux aussi forcer la main à tout moment, en écrivant simplement : « utilise le sous-agent relecteur pour vérifier mes modifications ».

Quand déléguer, quand garder la main

Délègue toute tâche qui produit beaucoup de texte intermédiaire pour une conclusion courte, et garde dans la conversation principale tout ce qui dépend de ton historique.

Les bons candidats à la délégation :

  • L'exploration de code. « Trouve où la facturation est gérée dans ce projet et explique-moi le flux. » L'agent lit trente fichiers, tu reçois un paragraphe.
  • La relecture. Un agent en lecture seule qui repasse sur tes modifications avant que tu les valides.
  • L'analyse de logs. Des milliers de lignes en entrée, cinq lignes d'explication en sortie.
  • La vérification indépendante. Un second agent qui contrôle le travail du premier sans avoir été influencé par la conversation, ce qui évite l'effet « oui, tout va bien ».
  • La recherche documentaire. Lire une documentation en ligne et n'en ramener que la partie qui te concerne.

Ce qu'il vaut mieux garder dans la conversation principale :

  • Les tâches de quelques secondes (renommer une variable, corriger une faute) : la délégation coûte plus cher que ce qu'elle rapporte.
  • Les modifications enchaînées où chaque étape dépend du résultat de la précédente.
  • Tout ce qui s'appuie sur ce que vous vous êtes déjà dit : le sous-agent démarre de zéro et n'a accès qu'à la consigne que tu lui donnes.

Et les limites, dites honnêtement :

  • Il redémarre à zéro à chaque appel. Tout ce dont il a besoin doit tenir dans sa consigne de départ.
  • Il consomme des tokens. Chaque sous-agent recharge son propre contexte. Au total, tu consommes souvent davantage : ce que tu gagnes, c'est de la qualité et de la clarté, pas de l'économie.
  • Il ajoute de la latence. Compte quelques dizaines de secondes de plus qu'une réponse directe.
  • Il n'y a pas d'aller-retour. Tu ne peux pas le corriger en cours de route, tu relances avec une meilleure consigne.

Trois sous-agents utiles à créer dès aujourd'hui

Un agent d'exploration, un agent de relecture et un agent de tests couvrent à eux seuls la majorité des situations où ton contexte se remplit pour rien.

  1. explorateur. Outils : lecture et recherche uniquement, aucune écriture. Instruction type : « Tu cartographies du code existant. Tu réponds en trois parties : les fichiers concernés, le flux de données, les points d'attention. Maximum 300 mots, aucune suggestion de modification. »
  2. relecteur. Outils : lecture, recherche, et la commande qui affiche les modifications en cours. Instruction type : « Tu relis les modifications non validées. Tu signales uniquement les problèmes réels, classés par gravité, avec le fichier et la ligne. Si tout est correct, tu le dis en une phrase. »
  3. testeur. Outils : lecture, recherche, exécution de commandes. Instruction type : « Tu lances la suite de tests, tu analyses les échecs et tu identifies la cause racine. Tu ne corriges rien toi-même, tu rends un diagnostic. »

Ces trois fichiers se créent en un quart d'heure. Le vrai apprentissage vient après, quand tu affines les instructions au fil des semaines et que tu vois lesquelles produisent des réponses exploitables.

Si tu préfères une progression guidée plutôt que du tâtonnement, le programme Skilzy pour coder avec Claude Code dans le terminal reprend la chaîne complète dans l'ordre : installation, commandes de base, fichier CLAUDE.md, sous-agents, automatisations, le tout sur de vrais projets. Skilzy est une plateforme française d'apprentissage de l'IA qui couvre plus de quinze programmes (images, vidéo, musique, automatisation avec n8n, rédaction de prompts, code), avec un Lab IA intégré qui te donne accès aux outils et à leurs crédits sans empiler les abonnements, à partir de 29,90 euros par mois et sans engagement. La démo découverte permet de tester 7 jours sans carte bancaire, avec 1 image, 1 vidéo, 1 musique et 10 messages inclus.

Ce qu'il faut retenir

Un sous-agent ne rend pas Claude Code plus intelligent, il le rend plus concentré. Tu isoles le travail bruyant dans une mémoire jetable, tu récupères une synthèse, et ta conversation principale garde ses consignes intactes du début à la fin. Crée ton premier agent d'exploration aujourd'hui, utilise-le pendant une semaine, puis ajoute-s-en un second seulement quand tu identifies une tâche répétitive qui encombre systématiquement ton contexte. C'est dans cet ordre que l'habitude s'installe.